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mardi 6 juillet 2010

EUROCKEENNES DAY 1 (vendredi 2 juillet 2010)

Textes : Cédric Botzung / Photos : Seb Grisey

Planning serré oblige, on débarque tardivement sur le site du festival. Ayant déjà largement débuté le processus de deuil quant au concert des Black Keys, je me satisfais finalement d'attraper au vol les cinq derniers morceaux du duo d'Akron. Duo qui n'en a en réalité que le nom, car ces deux-là font autant de bruit qu'un régiment, et leur fin de set très rock'n'roll se révèle fort réussie.




Le charisme et l'élégante arrogance de Tom Meighan (Kasabian) accompagne la suite des festivités sans réelement convaincre...



... avant que les excellents Foals, emmenés par leur chanteur Yannis Philippakis (dont la taille est inversement proportionnelle au talent) n'enflamment la scène de la plage. Leur set débute sur un enchainement de morceaux extraits de leur premier album Antidote, puis se met au diapason de la nuit bien installée avec ceux de leur récent Total Live Forever.



La politesse et la décence nous suggérera de ne pas trop nous attarder sur la pathétique prestation de Charlotte Gainsbourg, au demeurant excellente actrice mais chanteuse totalement sur-estimée qui éprouve les pires difficultés à pousser sa voix. Ce qui peut être masqué en studio mais ne pardonne pas lorsque l'on doit tenir une grande scène...



De même que pour Kanye West l'année dernière, un manque flagrant d'objectivité nous poussera à qualifier la prestation évènementielle de Mr Shawn Carter alias Jay-Z de meilleur show de la soirée. La star enchaine ses classiques avec des extraits de Blueprint 3 avec classe et brio, des musiciens talentueux et un light/video show parfait lui facilitant la tâche. Malgré la rumeur persistante d'une arrivée surprise de Madame sur scène, Queen B alias Beyoncé ne fera pas son apparition. Quoiqu'il en soit, on ressort du concert heureux et avec des images de New York by night plein les yeux.



Plus tard, Hot Chip parviendra par moment à emballer le public du Chapiteau, malgré les habituelles difficultés éprouvées par Alexis Taylor pour pousser sa voix au timbre si particulier. Enfin, la palme de la prestation la plus catastrophique reviendra haut la main à la pré-retraitée Missy Elliott, qui malgré des danseurs, un MC ambianceur et un début prometteur, se contentera d'enchainements poussifs et ultra-rapides de ses hits, entrecoupés d'insupportables sirènes et autres cris destinés à haranguer un public médusé. Ou comment redéfinir le verbe cachetonner...

(Merci aux Eurockéennes de Belfort)

dimanche 9 mai 2010

FOALS Total Life Forever

Leur premier excellent album, Antidotes, propulsait d'emblée Foals dans la catégorie des groupes qui comptent et qui vont certainement compter à l'avenir, aux côtés de Bloc Party ou de The Klaxons. Tout laisse à croire qu'avec ce second essai, le groupe britannique, qui a pourtant pris ici un chemin bien différent, sait pertinemment ce qu'il veut et vers quoi il se dirige.

Emmenés par leur chanteur et guitariste Yannis Philippakis, aux origines grecques et à la personnalité marquée, le groupe eut il y a deux ans l'outrecuidance d'éconduire Dave Sitek (producteur influent et membre éminent de TV On The Radio), coupable d'un mixage guère à leur goût et qui fut au final retravaillé à leur manière. Gorgé de post-punk (avec ses cuivres no-wave), sous influence Gang Of Four et Talking Heads, peut-être un peu rapidemment affilié à la scène math-rock, ce disque se démarquait alors assez nettement de la concurrence, planant très au-dessus d'une mêlée de plagieurs en manque d'inspiration comme peut en générer l'Angleterre chaque année.

De son côté, Total Life Forever se dévoile bien moins frontalement que son prédécesseur. L'impact est un brin retardé, car tout y est plus insinueux. L'énergie se fait plus contenue, comme tapie dans l'ombre, mais finit tout de même par jaillir au détour d'un couplet. Foals semble désormais determiné à mettre son talent et son inspiration au service d'une écriture plus pop. Il s'agit là d'ailleurs moins d'une démarche opportuniste que d'un processus salvateur de renouvellement. Spanish Sahara nous avait déjà donné il y a quelques semaines un avant-goût de cette nouvelle orientation, cette longue plage illustrant parfaitement ce besoin de laisser le morceau mûrir, la mélodie quasi nue du début finissant dans un tourbillon, comme propulsée par une vague que rien ne semble pouvoir arrêter. C'est un vent de shoegazing qui souffle dans ce désert-là. Cette notion de progression et d'évolution est également au coeur de After Glow. Les parties plus rythmiques ne sont pas totalement délaissées pour autant, comme le prouvent Blue Blood ou This Orient, mais la bande d'Oxford se distingue dorénavant davantage sur des titres plus atmosphériques, comme 2 Trees ou Black Gold, par ailleurs particulièrement réussis. D'autre part, le groovy et attachant Miami tire aussi ici son épingle du jeu.

Pour des groupes exigeants comme Foals ou MGMT dernièrement, le virage du second album (à l'enjeu bien connu) n'a aujourd'hui pas d'autre alternative que de se négocier au frein à main. Les anglais ont de leur côté choisi de délaisser les rivages du math-rock pour ceux moins sinueux de la pop, une pop en l'occurence érudite et ambitieuse. Une démarche courageuse pour un disque qui se mérite.
Cédric B
7,5/10



Sortie prévue le 10/05/10
(Transgressive/WEA)

http://www.foals.co.uk/entry/
http://www.myspace.com/foals

Foals "Spanish Sahara" from Sub Pop Records on Vimeo.



Deux morceaux de Total Life Forever en écoute dans le lecteur