lundi 15 mars 2010

SMOOTH The Parade


Pour ce troisième album, le trio nantais a choisi de troquer ses tenues décontractées pour des costumes trois pièces aux couleurs sombres. Leurs sympathiques comptines electro-soul (que l'on qualifiait il y a quelques années de trip-hop) ont en effet muté en véritables chansons, orchestrées et mélodiques, leur faisant assumer fièrement une mélancolie qui leur sied d'ailleurs à ravir.

«Friendly Yours», jolie ritournelle faussement innocente, inaugure cette «Parade», illustrant d'emblée cette mue que l'on n'hésitera pas longtemps à qualifier de maturité.
Bien que construit d'après une logique différente, ce nouvel album n'est pas éloigné dans l'esprit des classieuses «Fitzcarraldo Sessions» sorties il y a quelques mois, la liste des invités étant ici plus réduite. Les deux projets ont en commun la présence au casting de l'un de nos artistes hexagonaux les plus talentueux, Dominique A, présent sur «I Know», où, fait plus rare, le Nantais place sa magnifique voix chevrotante transposée pour l'occasion dans la langue de Shakespeare.
«The Smooth Parade», tout comme «Freedom Is A Road», renouent avec des climats plus orientés trip-hop, le premier se distinguant de par l'attrait mélodique de son refrain. A l'instar également de celui de «Another Life», hymne à l'évasion et aux nouveaux départs.
Le chanteur du groupe, David Darricarrère, qui prend ici une envergure inédite, affirme sa voix, tantôt caressante mais sachant tout aussi bien se faire rauque et râpeuse, nous entrainant alors dans des ambiances enfumées de cabaret jazz, à mi-chemin entre le crooner urbain («My Body») et le dandy soul («I'll Be Your Animal»). La boucle de piano se fait accrocheuse sur «Heart Beast», et l'on adhère volontiers à l'atmosphère envoûtante de «Music», avec une certaine Amélie (à la voix étrangement proche de celle de Bianca Cassidy des CocoRosie).
On fera par contre l'impasse sur un «She's Coming Back» trop inspiré Moby tendance fin 90's.

Plus qu'une parade, ce disque serait de préférence une invitation amicale à pousser un épais rideau rouge de velours pour voir ce qui se trame derrière, faisant fi de l'opaque nuage de fumée qui occupe l'espace, afin de découvrir l'univers attachant et en pleine évolution de ces dandy frenchy aux influences anglo-saxonnes non dissimulées.
Cédric B
7/10



Paru le 15/02/10
(Discograph)

http://www.smooth.fr/
http://www.myspace.com/smoothmusique

dimanche 14 mars 2010

CROOKERS Tons Of Friends


Porté depuis des mois par la hype, le duo de remixeurs et producteurs italien (composé de Francesco Barbaglia et d'Andrea Fratangelo), chefs de file de la nouvelle vague electro transalpine (avec The Bloody Beetroots), a sorti cette semaine un premier album au casting hollywoodien.

D'album, ce projet ne possède en réalité que le format, tant il manque de cohésion et se définit plutôt par une succession de titres, truffée certes de collaborations prestigieuses, dont certains se trouvaient déjà sur d'autres morceaux qu'ils ont co-produit («Jump Up» avec Major Lazer ou «Embrace The Martian» avec Kid Cudi). Issus à l'origine tous deux de la sphère hip-hop, le tandem a su se créer un impressionnant réseau au sein de ce milieu, et surtout à faire connaître leur nom et montrer l'étendue de leur talent à travers des dizaines de remixes (dont le plus célèbre demeure celui de «Day 'N' Nite» pour Kid Cudi). Adulés des kids et voulant certainement se hisser à la hauteur de leur réputation grandissante, ils ont donc logiquement convié tous leurs potes et tiennent à le faire savoir, au point d'en baptiser leur album («Tons of Friends»). Démarche symptômatique de la génération 2.0 ou mégalomanie assumée, le résultat rend plus que perplexe, nous laissant le choix entre embarras et déception.

Pourtant, les festivités s'annonçaient sous de bons augures, les frangins de Soulwax contribuant à ouvrir le bal de la meilleure manière qui soit avec un «We Love Animals» tubesque, portant incontestablement la griffe imparable des belges. S'enchaine un sympathique hybride electro-r'n'b à la sauce Basement Jaxx ("No Security"), avec la tigresse Kelis aux manettes.
Puis la machine s'enraye, les compères tirant la plupart du temps à blanc ("Natural Born Hustler"), et ce à quelques exceptions près ("Hip Hop Changed" avec Rye Rye ou les deux titres avec Roisin Murphy de Moloko). Ambiance dancehall cloué au sol ("Arena"), coup d'épée dans l'eau aux torts partagés avec Spank Rock ("Park The Truck") et vaine tentative d'imitation du style pourtant unique de M.I.A. sur "Birthday Bash". On touche par ailleurs tout simplement le fond sur "Put Your Hands On Me" ou "Have Mercy".

Un casting luxuriant n'est donc en aucun cas gage de réussite artistique, et ce disque en apporte la preuve évidente. A trop remplir leur marmite d'ingrédients, à vouloir saupoudrer frénétiquement leurs plats de diverses espèces de sirènes et autres klaxons, la cuisine des Crookers en devient vite indigeste. Ajoutez à cela une facheuse tendance à glisser vers une dance-music criarde tendance hooligan, ce "Tons of Friends" se révèle rapidemment épuisant. Beaucoup de bruits pour pas grand chose.
Cédric B
4/10



Paru le 08/03/10
(Wagram)

http://www.crookers.net/
http://www.myspace.com/crookers

Un morceau en écoute dans le lecteur

mardi 9 mars 2010

CHAPELIER FOU : Interview + photos de concert


Beaucoup de choses positives te sont arrivées ces dernières années. Tu gères tout ça avec une certaine sérénité j'ai l'impression?

Oui et non, enfin plutôt non. C'est sur que tout artiste a envie d'être connu, d'être attendu, d'être apprécié. J'ai peut être l'air de gérer ça bien, mais en fin de compte, je ressens une réelle pression. Il y a un vrai décalage entre mon état d'esprit et l'attente des gens. Je veux dire par là que j'ai toujours fait ce que je fais, et pour moi, faire de la musique, c'est une chose naturelle, un artisanat. En quelque sorte, je ne fais que proposer quelque chose. C'est pour cela que le fait d'avoir le sentiment d'être jugé sur ce que je fait me gène. Ceci dit, je n'ai pas encore souffert de mauvaises critiques, je dois donc être absolument paranoïaque.
Je dois maintenant faire l'effort de rester naturel, ce qui est une démarche très paradoxale...

N'y voit absolument rien de péjoratif, mais tu me fais parfois penser à un enfant au milieu de tonnes de jouets ludiques, et que rien ne pourrait perturber. Il y a dans ton univers musical une part de mélancolie et d'insouciance liée à l'enfance n'est-ce pas?

Ma musique est très ambiguë : d'un coté c'est vrai, je vois la création et le jeu comme quelque chose de très ludique. En effet, je passe beaucoup de temps à expérimenter, à créer des structures bizarres sur mon ordinateur, à essayer de jouer de nouveaux instruments, appuyer sur plein de boutons, etc. Cependant mes morceaux ont une vraie prétention de composition. En fait tout ça est très sérieux... J'aime me dire que mes morceaux ont une apparence, un vernis agréable bâtie sur une structure complexe mais souvent invisible. Mon idéal serait d'arriver à faire de la musique sérielle d'ascenseur.

Le projet hommage « This Immortail Coil » t'a permis de collaborer avec différents artistes confirmés. Les affinités ont-elles été immédiate?

On ne peut pas parler d'affinités avec les artistes. Je ne veux pas dire que je ne les apprécie pas, mais simplement que l'affinité n'est pas rentrée en compte dans le processus de création de ce disque. Je ne sais pas comment cela s'est passé pour les autres, mais pour ma part, en ce qui concerne le morceau sur lequel j'ai travaillé, "the dark age of love", je l'ai fait sans voir personne. Ca c'est passé comme ça : j'ai eu la trame du morceau, réalisé par les DAAU, avec Christine Ott aux ondes Martenot. La version n'était vraiment pas top au départ et surtout la tonalité ne convenait pas à Yaël . On m'a envoyé les pistes, et j'ai tout viré, sauf la contrebasse et l'accordéon. En gros j'ai bossé comme quand je bosse pour un remix. Ensuite Christine est venu réenregistrer des ondes à la maison. Puis le morceau est parti chez Yaël, elle a enregistré sa voix et fait jouer David Donatien à la batterie. J'ai découvert le morceau après tout ça. Yaël, je l'ai rencontrée ensuite et on a même joué ce morceau en live sur Nova, sans répéter, avec Matt Elliott en plus. C'est une super musicienne. Son seul défaut, c'est qu'elle ne boit pas d'absinthe.

J'avais cru comprendre un moment qu'il était question de sortir un troisième maxi, le tout formant une trilogie. L'album est finalement devenu la priorité ou l'idée n'est-elle pas abandonnée?

Non, l'idée n'est pas abandonnée ! Pourquoi faire les choses dans l'ordre ? Ca viendra quand ça viendra, et un jour la prophétie s'accomplira, comme dans Indiana Jones et le temple maudit, quand les pierres magiques sont enfin réunies. Je pense qu'on fera alors un coffret luxueux et une grande fête païenne.

Tu as encore beaucoup de morceaux sous le coude? Tu ne risques pas vraiment la panne d'inspiration à priori..?

J'ai confiance en moi, il n'y a pas de raison que ça s'arrête. Et puis honnêtement, j'ai fait tellement de morceaux quand j'étais au lycée que je pourrais au pire redonner vie à certaines pièces enfouies dans mes disques durs poussiéreux. J'étais vraiment un mec cool à l'époque. En plus, même en ce moment, je n'arrive pas à m'empêcher de faire des bébés morceaux. D'après mes statistiques, 12% d'entre eux deviendront grands.
(propos recueillis par Cédric B)


CHAPELIER FOU aux Trinitaires (Metz, 04/03/10)

Pour la première date de sa tournée (plus de détails ici), le Chapelier Fou jouait à domicile.
Une salle comble et un public acquis à sa cause, pour un sans faute d'une heure et demie.


(Portrait et photos concert Seb Grisey)

(Merci à toute l'équipe des Trinitaires)


A lire également ici la chronique de l'album du Chapelier Fou

lundi 8 mars 2010

CHAPELIER FOU 613


Ce jeune violonniste et multi-instrumentiste (piano, guitare, violoncelle...) connu sous le nom de Chapelier Fou (et signé sur le label Ici d'ailleurs) confirme sur son premier album les deux maxis plus que prometteurs parus l'an dernier («Darling, darling, darling» et «Scandale»). A seulement 26 ans, déjà révélation du Printemps de Bourges en 2008 et des Eurockéennes en 2009, le lorrain qui a déjà ouvert pour Camille ou Wax Tailor, a aussi récemment collaboré avec Yann Tiersen et Yael Naim (sur le projet hommage «This Immortal Coil»).

«613» comme le nombre exact et invariable de graines que l'on trouve dans une grenade, fruit à partir duquel il serait bien sûr très tentant de décliner toute une batterie de jeux de mots. Et pourquoi pas 613 comme le nombre de morceaux que ce stakhanoviste des machines pourrait bien cacher sous son chapeau, tant il paraît productif ces derniers mois. Mi homme-orchestre mi bricoleur de génie, il joue et met en boucle ses différents instruments en direct sur scène avec une précision d'orfèvre.
Le premier morceau de l'album, «G Tintinnabulum», dessine une belle introduction au monde fantasmagorique de l'artiste, dont le violon constitue bien sûr le fil conducteur de l'oeuvre. Piano et bleeps l'accompagnent sur le superbe «Les métamorphoses du vide», tandis qu'il lui fait subir de douces tortures sur «Luggage». Placé au coeur d'«Hémisphère Ouest», un morceau élaboré et tout en progression, le violon se fait virevoltant sur «Secret Handshake», lui conférant alors une véritable dimension orchestrale.
Plus loin, une electronica ludique se transforme en cavalcade («Les prières à Complies»), tandis qu'un écrin délicat accueille le chant dark folk de Matt Elliott (connu d'abord sous le nom de Third Eye Foundation). Enfin, l'onirique «Entendre la forêt qui pousse», qui aurait tout aussi bien pu illustrer une des scènes de l'«Avatar» de James Cameron, ponctue ce conte musical, nous laissant comme une curieuse sensation de rêve éveillé.

Ce virtuose passé par le conservatoire a donc décidé de ne pas choisir entre musiques classiques et électroniques, pour réinventer à sa guise un univers personnel, pas si éloigné de ceux d'un Owen Pallett ou d'un Amon Tobin (pour l'aspect cinématographique). Et à la différence du personnage de Lewis Carroll (auquel il a emprunté son pseudo), on doute fort qu'il se laisse gagner par une folie quelconque, quitte à se débarasser de son couvre-chef si nécessaire...
Cédric B
(photo: Seb Grisey)


(Pas de note dans un soucis d'objectivité)

Sortie prévue le 15/03/10
(Ici d'ailleurs/Discograph)

http://www.chapelierfou.com/
http://www.myspace.com/chapelierfou

A lire ici une interview du Chapelier Fou,
et des photos de la première date de sa tournée

samedi 6 mars 2010

GORILLAZ Plastic Beach


Le troisième volet de la saga Gorillaz débarque, avec un capitaine Albarn et ses compères mieux entourés que jamais, puisqu'une pléiade d'invités aux noms prestigieux leur a rendu visite sur leur île secrète flottant aux confins du Pacifique Sud. Celle-ci est à prioris constituée à partir de déchets et autres détritus humains (Wall-E ?) traduisant bien au passage l'engagement politique et écologique de son leader, sous des airs de projet ludique et divertissant. A l'origine il y a donc ce super-groupe cartoonesque, à l'univers visuel si particulier, fédérateur au possible, mais qui transpire désormais d'une ouverture musicale et d'un état d'esprit identique à celui du londonien, et ce depuis ses nombreux voyages et projets plus orientés world.

La visite débute avec un guide touristique peu commun, à savoir le californien Snoop Dogg. «Welcome to the World of the Plastic Beach» est une mise en bouche funky et vocodée, prétexte à jouer sur la prononciation d'un mot lui étant plus que familier. On passe à la vitesse supérieure sur «White Flag», titre qui pourrait symboliser la dévise du chevalier Albarn (à l'image du somptueux «Out of Time» culminant sur «Think Tank»). Deux poids lourds de la scène grime UK s'y affrontent dans la bonne humeur sur un ring paré de couleurs orientales, le tout orchestré par The Lebanese National Orchestra. «Rhinestone Eyes» est, avec «Broken», une des belles réussites sur lesquelles le chanteur de Blur opère seul aux manettes, la garde baissée et tout en optant pour ce ton désenchanté qui lui correspond désormais à merveille. Les deux autres titres en question («On Melancholy Hill» et l'outro «Pirate Jet») se révélant par contre un cran nettement inférieurs. «Stylo», le premier et excellent extrait de ce «Plastic Beach» voit deux étoiles de la musique noire américaine d'hier et d'aujourd'hui (Bobby Womack et Mos Def) s'y distinguer, complétant avec classe et style le timbre mélancolique de Damon Albarn.

Dès lors, et à l'exception de «Empire Ants» (avec les Little Dragon) conçu en deux parties et avec des synthés très 80's, et du très digne «Cloud Of Unknowing» (avec Bobby Womack), s'enchainent des morceaux plus faibles voir carrément décevant.
En tête de liste, une mauvaise farce puérile («Superfast Jellyfish») impliquant les vétérans de De La Soul et le chanteur de Super Furry Animals (Gruff Rhys), mais aussi l'intriguant puis rapidemment irritant «Glitter Freeze» (avec Mark E. Smith de The Fall). Côté déceptions, comment ne pas évoquer les retrouvailles avortées de deux légendes du Clash (Mike Jones et Paul Simonon) sur l'insipide morceau portant le titre de l'album. Ou la gêne occasionnée à l'écoute de «Some Kind Of Nature», proposition indigne faite à Lou Reed.

Ce «Plastic Beach» ne convainc donc que partiellement, ne se révélant pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions, car se diluant parfois à trop s'éparpiller. Le capital sympathie ne s'en trouve pas trop diminué si toutefois l'on s'en tient à envisager le projet Gorillaz comme une simple récréation, ce qui n'est pas forcément une évidence connaissant le professionnalisme de Damon Albarn et au vue de la prestigieuse liste de convives.
Cédric B
6/10



Sortie prévue le 08/03/10
(EMI)

http://www.gorillaz.fr/
http://www.myspace.com/gorillaz

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Gorillaz - Stylo
envoyé par emipubfrance. - Regardez plus de clips, en HD !

3 morceaux à écouter dans le lecteur

jeudi 4 mars 2010

GONJASUFI A Sufi and a Killer


La politique de l'ouverture est une pratique en vogue du côté des labels anglais. Warp fut d'ailleurs un des précurseurs en la matière, lançant en 2001 une branche electro hip-hop pourtant aujourd'hui quelque peu en sommeil (Lex Records). Mais c'est sur d'autres terres que ce mythique label va désormais chasser, notamment celles des musiques tribales (Gang Gang Dance) et ethniques. Ils ont peut-être à ce sujet trouvé la perle rare en la personne de l'américain Gonjasufi, leur dernière signature.

Derrière ce pseudo mystérieux et exotique se cache Sumach Ecks, un rasta lunaire, croisement improbable entre Devendra Banhart, le moine Raspoutine et le fantôme de Ol' Dirty Bastard. C'est Steve Ellison (aka Flying Lotus) qui est allé le chercher dans sa caravane perdue au milieu du désert Mojave dans l'état du Nevada, là où il vit, pour le ramener à Los Angeles et produire avec sa clique de potes (Mainframe et The Gaslamp Killer) son premier album, «A Sufi and a Killer».

Ce voyage musical proposé, proche du trip chamanique, est un véritable OVNI psychédélique sonore. On y plonge dès l'intro, et «Kobwebz» nous met d'emblée au parfum, l'atmosphère est nébuleuse, l'ambiance indienne (cithares), le son cradingue et la voix lointaine. La production se fait plus propre, plus électronique sur «Ancestors», sur laquelle on reconnaît aisément la touche du compère Flying Lotus. C'est également le cas sur «Holidays», sorti en maxi. Les ambiances sont extrêmement variées, naviguant entre rap, musiques orientales («Klowds»), folk délicat et voix féminines à la sauce pop 60's («Sheep»), soul ou G-funk («Change» et «Candylane»). «Kowboys And Indians» (également sorti en maxi) avec son chant de gitane enflammée est sans conteste un des sommets de ce disque, où il s'avère en fait plutôt délicat de faire des choix, tant transparait une cohésion de ce magma harmonieux.
Le guide mystique a pour lui une arme imparable : sa voix. Elle se fait plaintive et traînarde, nous rappelant alors de manière évidente ce timbre si particulier propre à Ol' Dirty Bastard («She Gone» ou «Stardustin»), mais aussi douce, claire et mélodieuse («Dust» ou «Holidays»), cousine alors des climats chers à Dudley Perkins (le double soul du rappeur Declaime).

Sous de faux airs bricolés de fourre-tout artisanal, un pied coincé dans un rêve, on tient ici un grand disque, diablement attachant, qui doit certainement contenir des substances addictives, le besoin d'y revenir sans cesse tendant à l'obsession. Est-il éxageré ou prématuré d'évoquer l'impact du «Maxinquaye» de Tricky? Le temps parlera pour lui.
Cédric B
8/10



Sortie prévue le 08/03/10
(Warp/Discograph)

http://www.sufisays.com/
http://www.myspace.com/gonjasufi

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Deux morceaux en écoute en bas du lecteur

lundi 1 mars 2010

CLARA MOTO Polyamour


Le label InFiné (fondé par le lyonnais Agoria) poursuit son brillant travail de défrichage, mêlant avec bonheur musiques électroniques, pop, jazz et musique classique. Après les remarquables et remarqués travaux de Rone, Aufgang et Danton Eeprom l'an dernier, c'est aujourd'hui au tour de Clara Moto de passer au long format.

Originaire de Graz, Clara Prettenhofer de son vrai nom s'était déjà distinguée il y a un peu plus de deux ans avec la sortie du maxi «Glove Affair». Cette petite bombinette au gimmick obsédant figure en bonne et due forme sur ce «Polyamour», véritable déclaration d'amour aux musiques électroniques, qui navigue entre techno minimale chaleureuse et electronica gracieuse.
«Emory Bortz» et ses cordes aériennes nous emmène dans cet univers sensible et raffiné, résumant bien ici la griffe de l'autrichienne, qui a produit cet album en y apportant sa touche féminine de manière évidente. Toute en évolution sur «Alma», sa musique enfile un masque plus pop sur «Deer And Fox», sur le baléarique «Joy Of My Heart» et sur le single «Silently», qui évoque clairement l'influence d'Herbert. Trois titres interprétés par Mimu, dont la voix n'est pas éloignée de celle de Roisin Murphy (Moloko).
Elle explore également des contrées plus atmosphériques («Song of Exhaustion and Ivory») voire proches de l'ambiant («Goodnight Twilight»), mais sait aussi parfaitement comment mettre le feu aux poudres (et aux dancefloors) avec «Threeminutes» et ses basses bien rondes ou sur «Take A Second».

Un disque attachant qui balaye un large spectre musical, Clara Moto y apportant une élégance et une sensibilité qui confère à son électronique une texture très organique.
Cédric B
7/10




Paru le 01/03/10
(InFiné/Discograph)

http://www.myspace.com/claramoto

Clara Moto "Silently" from InFine Music on Vimeo.



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