dimanche 20 juin 2010

JANELLE MONAE The ArchAndroid

Voici typiquement le genre de disque, surgit quasiment de nulle part, qui vient bousculer nos plannings de sorties. Irruption soudaine, régénérante et salvatrice. Au sujet de cette artiste américaine, on a peu d'informations. Janelle Monáe (Robinson de son vari nom) avait déjà sorti un premier album autoproduit (Metropolis, non-distribué) puis un EP (The Chase Suit). Lorsque débarque ce disque à la pochette tout droit sorti d'une bande-dessinée de SF, il devient crucial de s'y pencher de près.

De The ArchAndroid se dégage une ambition évidente, le disque s'inscrivant dans la lignée des concept-album, nombreux dans l'histoire de la musique noire-américaine (de Herbie Hancock à Outkast). Parrainée d'ailleurs par ces derniers (elle participe à la bande originale du film Idlewild, composée par Big Boi et André 3000) et signée par P. Diddy, la jeune américaine nous propose un opera-soul afro-futuriste narrant les aventures de son clone bionique qui a pour humble mission le sauvetage de l'humanité.

Entrecoupé d'interludes cinématographiques, le disque est d'un bout à l'autre truffé d'instrumentations riches et d'une diversité ahurissante. Gorgé de soul, de jazz, de folk, de rock et d'electro, la richesse des compositions se met de plus toujours au service de la voix de la diva. Celle-ci, insolente d'élasticité, parvient à briller dans chaque gamme investie sans jamais se perdre dans des vocalises superflues propres à nombre de ses consoeurs. Reine soul sur Locked Inside ou Oh, Maker (construit sur une base folk) et sur Neon Valley Street (qu'elle illumine littéralement), Janelle Monáe prend les rênes d'une magnifique ballade entre rêve en apesanteur et douceur sixties (Sir Greendown). Elle redouble également d'efficacité sur les morceaux plus énergiques, comme sur Cold War (tuerie uptempo entre Outkast et Gnarls Barkley) ou sur la pépite du disque, l'hymne doo-wop Faster, où elle se permet le luxe de ressusciter le défunt leader des Jackson's le temps d'un couplet inattendu. Une sélection qualitative d'invités vient enfin compléter l'oeuvre. Ainsi, le prince du spoken-word Saul Williams donne le change sur le taquin et enlevé Dance Or Die, Big Boi sur le très James Brown Tightrop et Kevin Barnes (Of Montreal) sur l'étrange mais original Make The Bus.

S'émancipant immédiatement d'une nu-soul stagnante, Janelle Monáe dessine ici au présent le futur de la soul et du r'n'b, en rendant également hommage à tout un pan de la musique noire-américaine. Sorti il y a un mois en France dans une discrétion incompréhensible, on souhaite à ce disque immense, sur lequel tous les morceaux s'enchainent avec une fluidité et une élégance rare, la reconnaissance qu'il mérite.
Cédric B
8/10




Paru le 17/05/10
(Bad Boy Records/Atlantic Records/WEA)

http://www.jmonae.com/
http://www.myspace.com/janellemonae

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lundi 14 juin 2010

UFFIE Sex Dreams And Denim Jeans

Ce premier long format de la parisienne d'adoption appartient à la catégorie de ceux que l'on n'attendait plus. La bad chick native de Miami, de son vrai nom Anna-Catherine Hartley, trash (ses poses et prestations scéniques) et glam (ses relations amoureuses avec Feadz puis André) à la fois, fut dès l'avènement de son hit Pop The Glock en 2006, l'étoile (filante?) de la galaxie Ed Banger (et son unique représentante féminine). Le label electro français qui, après avoir largement occupé le terrain artistique et médiatique, a aujourd'hui ralentit le rythme. L'album d'Uffie, qui ne constitue donc que le quatrième LP du label (après ceux de DJ Mehdi en 2006, Justice en 2007 et Krazy Baldhead en 2009) réunit la crème de la crème des producteurs electro made in France (Mr Oizo, Feadz, Mirwaïs et SebastiAn).

Trois singles déjà sortis précédemment apparaissent sur le tracklist de ce Sex Dreams And Denim Jeans. En premier lieu, on retrouve bien entendu l'inépuisable Pop The Glock, avec son cocktail d'electro hip-hop nappé d'auto-tune, qui n'a pas pris une seule ride. Le sincère First Love (2007), qui célébre les années 80, ainsi que MC's Can Kiss, single old-school hip-hop sorti en début d'année (avec ses samples de Roxanne Shanté et de Giorgio Moroder) sont également au programme. L'efficacité de ces singles, pourtant assez différents les uns des autres, n'est plus forcément à démontrer. Mais le passage au format long demeure une toute autre histoire. En réalité, on se trouve presque ici dans le même cas de figure que dans la majorité des albums de rap américain. Une dream-team de producteurs, quelques morceaux explosifs, mais aussi pas mal de remplissage. La présence de Pharell Williams en personne sur le nouveau single ADD SUV ne fait malheureusement qu'illusion. Pas un mauvais morceau, mais un peu trop d'auto-tune (on reconnaît à peine sa voix), et de calcul. Le poppy Give It Away glisse gentiment, Difficult agace simplement, tandis que l'adaptation du Rock'n'Roll de Lou Reed sur le titre éponyme de l'album se révèle peu inspirée, et que l'estampillé Mirwaïs 80's edition Illusion of Love nous laisse circonspect. La jeune femme aborde d'ailleurs pas mal le thème de l'amour sur ce disque, certainement inspirée par une existence déjà bien remplie pour son âge (elle n'aura que 23 ans cette année) et un récent statut de mère. Fort heureusement, plusieurs réussites viennent sur la seconde partie de l'album équilibrer l'ensemble. Deux morceaux introspectifs, produits par Mr Oizo laissent leur empreinte, le sombre Art Of Uff et le mélancolique Our Song. Deux autres titres produits par le brillant Feadz (qui lui a de plus écrit ou co-écrit la plupart des textes) viennent enfin nous rassurer : le retro hip-hop Brand New Car et le smooth Ricky, alors que le magicien Mirwaïs sort pour finir de sa manche l'enlevé et bondissant Hong Kong Garden (reprise electro du morceau de Siouxsie et hommage à la ville où Uffie a passé la majeure partie de son adolescence).

La déception est donc en partie au rendez-vous pour un disque attendu depuis quatre ans. Comme dans le sport, l'addition de talents individuels n'est pas toujours garante de la cohésion d'ensemble. On ne jettera pourtant la pierre à aucun des producteurs, car chacun tire son épingle du jeu à un moment donné sur cet album (surtout Feadz et Mr Oizo). Pas toujours convaincu par les titres de Mirwaïs, il semblerait que ce dernier ait néanmoins joué un grand rôle dans l'enregistrement et la motivation de la fantasque américaine, à tel point qu'un futur projet commun serait en gestation. A suivre donc, et même si un tri s'impose, ce Sex Dreams And Denim Jeans se déguste, avec modération (avec une mention spéciale pour l'originalité de la pochette, qui se range dans une poche en jean's siglée Uffie).
Cédric B
6/10


Sortie le 14/06/10
(Ed Banger Records/Because/WEA)

http://www.uffie.tv/
http://www.myspace.com/uffie

UFFIE - ADD SUV (feat . Pharrell Williams) HD from Uffie on Vimeo.



Deux morceaux de Sex Dreams And Denim Jeans à écouter dans le lecteur (en bas de la liste)

mercredi 9 juin 2010

TRENTEMØLLER Into The Great Wide Yonder

Le premier essai d'Anders Trentemøller paru en 2006, The Last Resort, plaça d'emblée le danois au rang de virtuose des musiques électroniques, tant ce chef-d'oeuvre inusable se révélait un des grands disques de la décennie écoulée. . Découvert comme DJ et producteur house, il compose une musique brassant techno minimale, electronica, ambiant, dub et cold-wave. Une compilation de remixes (The Trentemøller Chronicles) et un mini-live (Live In Concert EP) plus tard, il sort aujourd'hui son second album studio.

L'univers de Trentemøller ne se laisse pas forcément apprivoiser au premier contact. La richesse de ses morceaux nécessite plusieurs écoutes attentives (et de préférence sur une installation hi-fi digne de ce nom), qui plus est lorsque de nouveaux éléments marquant font, comme ici, leur apparition. The Mash And The Fury, qui débute sur des sonorités voisines de celles de Mark Bell pour évoluer, grandir et exploser dans un véritable orage sonore, nous éclaire au sujet de la première grande nouveauté du disque : les guitares. Le danois, qui possède une culture musicale plutôt orientée rock, les dissémine ici et là tout au long de ce Into the Great Wide Yonder. Menaçantes sur le morceau d'ouverture, elles célèbrent ensuite le plus souvent les heures de gloires de la surf-music et du western spaghetti, comme sur Past the Beginning of the End, sur lequel elles cohabitent amoureusement avec une guitare accoustique, avant de croiser la route des Cramps liftés par Alec Empire sur le métallique Silver Surfer, Ghost Rider Go!!. L'autre innovation essentielle de ce nouvel album provient de l'apport des voix. Grand fan de Hope Sandoval, le natif de Copenhague a convié sa compatriote Marie Fisker sur Sycamore Feeling qui constituent, avec Even Though You're With Another Girl, les titres vocaux les plus aboutis. Neverglade accueille Fyfe Dangerfeld (le chanteur de Guillemots), utilisé dans un contre-emploi, tandis que Ti ne convainc guère. Mais Trentemøller n'oublie pas pour autant ses premiers amours, avec un Shades of Marble d'une veine plus techno (et sublimé par les guitares) ou un Haxan rêveur et batailleur à la fois.

Ce second album studio pourra dérouter de prime abord, mais une écoute attentive ne décevra pas les nombreux admirateurs de cet artiste majeur des musiques électroniques (aux côtés de Pantha du Prince pour la richesse des sons ou de Massive Attack pour la profondeur des basses), qui compose, joue et arrange avec une précision et une minutie d'orfèvre. Si Into The Great Wide Yonder s'avère relativement différent de son prédécesseur, c'est précisement sur cette évolution que l'on s'attardera pour savourer ces nouvelles orchestrations électroniques.
Cédric B
7,5/10




Paru le 02/06/10
(In My Room/La Baleine)

http://www.anderstrentemoller.com/
http://www.myspace.com/trentemoeller

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dimanche 6 juin 2010

THE DRUMS S/t

Surfant sur la vague de la hype depuis le carton de leur irrésistible et addictif single estival Let's Go Surfing (paru sur leur EP Summertime sorti au début de l'hiver sur le label Moshi-Moshi, illustrant déjà l'ambivalence du groupe), le quatuor originaire de Floride et installé à Brooklyn (repéré par les renards de Kitsuné sur leur compilation Maison 8, et petits protégés d'Hedi Slimane qui les photographiait il y a quelques mois) passe désormais au long format, avec un premier album éponyme qui pourrait faire date.

Comment ne pas décevoir lorsque l'on place d'emblée la barre aussi haut, avec un classique instantané de pop californienne en guise de CV? The Drums a su trouver la réponse, en inscrivant sa pop sincère dans une démarche pérenne. Ces New-Yorkais d'adoption ont su déjouer le piège, bien décidés à ne pas se laisser enfermer dans une case «sunshine-pop 2.0», trop étroite à leur goût. La pop californienne des années soixante fait évidemment partie de leurs influences majeures, et des titres comme l'ensoleillé Skippin' Town ou le somptueux Book Of Stories viennent tout simplement valider cette évidence. Mais c'est autant dans le brouillard mancunien, la froideur cinglante de la new-wave et des sonorités made in Factory que ces jouvenceaux sont allés puiser leur inspiration, ressuscitant rythmiques martiales et autres basses tendues chères à Tony Wilson sur Me And The Moon ou Forever And Ever Amen. Et la combinaison pertinente de ses deux influences fortes conduit d'ailleurs à de belles réussites, comme le désanchanté Best Friends, l'émouvant Down By The Water (qui figurait déjà sur Summertime) ou le magnifique We Tried.

La musique de The Drums fait se rencontrer des univers qu'à la base tout opposait, réussissant la synthèse idéale entre la mélancolie des Smiths, l'implacable froideur de Joy Division et la surf-pop des Beach Boys. Leur pop témoigne autant des sentiments d'insouciance et d'avenir radieux (que peut véhiculer un certain idéal californien), que du revers de la médaille, à travers les désillusions et l'amertume de la vie. Un disque à apprécier quelle que soit la saison, dans la grisaille d'un soir d'été autant qu'un matin réchauffé par un soleil d'hiver.
Cédric B
8/10


(photo par Hedi Slimane)

Sortie prévue le 07/06/10
(Moshi-Moshi/Cooperative/Island Records)

http://thedrums.com/
http://www.myspace.com/thedrumsforever



Deux morceaux en écoute dans le lecteur (en bas de la liste)

lundi 31 mai 2010

THE BLACK KEYS Brothers

Peu réceptif au blues en général, et ce malgré les sincères et nombreuses tentatives de vulgarisation en la matière en provenance des White Stripes (avec qui on les compare régulièrement) ou de Jon Spencer, j'avoue ne m'être jusqu'à présent jamais beaucoup attardé sur les disques des Black Keys. Il ne m'avait bien sûr pas échappé que les deux blancs-becs d'Akron avait fait produire leur précédente livraison (Attack & Release en 2008) par l'omniprésent sorcier Danger Mouse, et qu'ils eurent également fin 2009 l'heureuse initiative de convoquer la crème (érudite et plutôt old-school) du hip-hop américain, avec pour résultat le passionnant projet Blakroc, qui faisait suite au premier essai solo de Dan Auerbach (chanteur et guitariste du groupe).

Dire que Brothers, leur sixième album studio, eut sur moi l'effet d'une bombe relève de l'euphémisme. Pas une journée qui passe sans une écoute quotidienne depuis sa sortie. Il faut préciser que le duo de l'Ohio, en dignes héritiers de Junior Kimbrough (dont ils revendiquent l'influence et qui sorti également des disques sur Fat Possum Records), s'abreuve aux racines du blues et du rhythm'n'blues, mais aussi désormais à la source de la soul music. Everlasting Light inaugure les festivités sur une production bien grasse, tandis que Dan Auerbach et son acolyte Pat Carney à la batterie enchainent sur la première partie du disque plusieurs blues-rock songs bien torchées, à la production plus travaillée qu'à l'accoutumée (Next Girl, Howlin' For You ou She's Long Gone). Production qui devient tout simplement diabolique entre les mains de Danger Mouse sur l'énorme single Tighten Up que ne renierait pas Cee-Lo, son compère au sein de Gnarls Barkley. On sent d'ailleurs ici, à travers des fenêtres grandes ouvertes, une chaleur moite envahir la pièce, la voix de Dan Auerbach rivalisant soudain avec les grands soul brothers. Dès lors, et sur toute la seconde partie de Brothers, le ton est donné, de The Only One, superbe ballade amoureuse, jusqu'à la sublime reprise du standard soul Never Give You Up. Draguant l'univers des bandes originales tarantinesques sur Ten Cent Pistol et The Go Better (saupoudré de surf-guitar discrètes), le groupe de l'Ohio pousse l'insolence au point d'enfanter trois classiques instantanés de soul intemporelle : Too Afraid To Love, I'm Not The One et Unknown Brother.

En s'émancipant d'un héritage blues, auquel ils ont déjà largement rendu hommage, pour s'aventurer sur les terres de la soul music noire américaine, The Black Keys livre son meilleur album à ce jour. Le miracle qui se produit ici peut s'expliquer par cette forme d'intemporalité atteinte sur les compositions du groupe, qui transcende, avec le tout le respect dû mais aussi beaucoup de personnalité, le meilleur de la musique américaine du XXème siècle.
Cédric B
8,5/10


Paru le 17/05/10
(Nonesuch/PIAS)

http://www.theblackkeys.com/
http://www.myspace.com/theblackkeys

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bonpourlesoreilles

The Black Keys - Tighten Up - Official Video from Chris Marrs Piliero on Vimeo.

Deux morceaux de Brothers en écoute dans le lecteur (en bas)

jeudi 27 mai 2010

HOLY FUCK Latin


Parfois associés à la scène math-rock, les canadiens de Holy Fuck (originaires d'Ontario et au nom faut-il l'admettre difficile à oublier), déjà deux albums au compteur (dont l'excellent LP en 2007), élaborent avant tout de la musique instrumentale électronique.

Auteurs d'époustouflantes prestations scéniques, ils possèdent de plus la particularité de jouer l'intégralité de leurs sons live, sans l'aide d'aucun ordinateur ni de programmation assistée. Il faut d'ailleurs avoir vu Holy Fuck en concert pour réaliser à quel point l'énergie et le rythme sont les moteurs de leur univers musical.

Une énergie d'une certaine manière comparable à celle de Battles (le groupe référence de la scène math-rock), et qu'une écoute de l'explosif et survitaminé Stilettos devrait permettre à ceux qui les découvrent aujourd'hui d'aisément imaginer. Le rythme, véritable colonne vertébrale du projet, est souvent ici poussé dans ses retranchements mais finit toujours par l'emporter. Décliné version groovy, avec une basse en première ligne sur Red Lights, il se frotte à une electro abrasive sur SHT MTN. Tout comme sur le précédent opus, neuf titres composent ce Latin, dont on retiendra également Stay Lit, qui évoque la touche Ratatat pour l'utilisation qui est faite de la guitare, et l'énigmatique P.I.G.S., car si le groupe se dispense volontiers de textes, il a néanmoins l'art d'opter pour des titres qui marquent (leur nom fut même sujet à une mini-polémique au Canada).

Certes moins impressionnant et légèrement moins varié que son prédecesseur, ce Latin fait cependant toujours son petit effet, et si Holy Fuck n'a pour le moment aucune date européenne de prévue avant la fin de l'été, il serait vivement conseillé de ne pas rater leur prochain passage aux alentours.
Cédric B
6,5/10


Paru le 25/05/10
(Young Turks/XL Recordings/Naive)

http://holyfuckmusic.com/
http://www.myspace.com/holyfuck


Deux morceaux de Latin en écoute dans le lecteur (en bas de la liste)

mardi 25 mai 2010

THE RUBY SUNS (+ TANLINES + YOUNG MAN) : Photos de concerts

THE RUBY SUNS (+ TANLINES + YOUNG MAN) @ Trinitaires (Metz, 22/05/10)

The Ruby Suns:





Young Man:







Tanlines:



(photos Seb Grisey)

(merci à toute l'équipe des Trinitaires)