mardi 2 février 2010

HOT CHIP One Life Stand


De plus en plus attendu à chaque nouvelle sortie, Hot Chip sort cette semaine son quatrième album. Le collectif de nerds londonien, au no-look savamment étudié dès leurs débuts, contribuant par la suite à l'avènement du fluo (vestes improbables et lunettes multicolores) a beaucoup fait parler de lui, malgré une certaine discretion. Leur electro-pop rétro-futuriste, bancale mais sincère, parfois borderline mais souvent touchante est devenu une véritable marque de fabrique. Son avènement peut se situer à l'époque de « The Warning » (avec un morceau sublime comme « And I Was A Boy From School »). « Made In The Dark », bien que d'un bon niveau, révélait pourtant déjà quelques signes d'essoufflement.

Malgré un départ correct (« Thieves In The Night »), et des promesses avortées (« Hand me Down Your Love »), le disque ne décolle réellement qu'à partir du quatrième titre (« One Life Stand » meilleur morceau de l'album), pour mieux ensuite exploser en plein vol. Les analyses des boîtes noires de l'appareil devraient très certainement révéler un problème de carburant. Car ce « One Life Stand » vient malheureusement le confirmer : la compagnie Hot Chip ne parvient plus à se renouveler.
Pire encore, ils enfoncent paradoxalement le clou là où le bât blesse : les ballades insignifiantes (« Slush »). Alexis Taylor s'applique vraiment trop à chanter, ce qui ne le lui réussit pas spécialement, puisque c'était justement l'aspect bricolée de leur electro-pop qui faisait mouche. De plus, les clins d'oeil 80's ne fonctionnent plus autant, devenus trop ostentatoires (« Brothers »). La palme de l'objet le plus improbable (mais pas forcément du plus détestable) revenant à « I Feel better » , légèrement vulgaire mais accrocheuse, et ses synthés putassiers euro-dance 90's, le tout à la sauce auto-tune.

Le sentiment qui prédomine au final est la sensation d'un beau gâchis. On sait ce dont ce groupe est capable, il a prouvé par le passé sa perspicacité mélodique, qui fait trop souvent défaut ici. Les productions ne sont pas non plus toujours à la hauteur des trouvailles des deux précédentes livraisons, bien que l'ensemble ne soit pas dépourvu d'intérêt. Plutôt comme si, emporté par les courants de la hype, Hot Chip ne savait plus sur quelle plage débarquer (ou échouer).
Cédric B

5,5/10



Paru le 01/02/10
(EMI)

http://www.hotchip.co.uk/

http://www.myspace.com/hotchip

Deux morceaux en écoute dans le lecteur

3 commentaires:

  1. Pas pire, pas mieux, avec aussi cette incompréhension face à l'auto-tune...

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  2. Salut Ced,

    C'est en hommage au premier épisode de la sixième saison de LOST toutes ces références aéronautiques, et en particulier la dernière phrase de la chronique ?

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